HISTORIQUE

La gymnastique holistique est issue du travail corporel introduit en France dans les années 30 par Lily Ehrenfried, médecin venue d’Allemagne pour échapper au nazisme. Mais elle s’inscrit dans une lignée de pédagogues français, américains et allemands qui débute au 19ème siècle, à Paris…

Les origines de la gymnastique holistique

FRANCOIS DELSARTE (1811-1871)

delsarteLe jeune François Delsarte se destine à une carrière de chanteur et de comédien. Mais très vite, il remet en question la pédagogie de ses professeurs de chant qu’il juge responsables de l’altération de sa voix, et celle de ses professeurs d’art dramatique qui enseignent selon lui une expression des sentiments sans rapport avec la réalité physique, émotionnelle et psychologique de l’être humain.

Delsarte se lance alors dans une recherche passionnée. Il observe le comportement mimique, gestuel et vocal de ses semblables. Il étudie l’anatomie et la physiologie. Il analyse, décompose et codifie mouvements, gestes et postures en s’efforçant de repérer les émotions et les états intérieurs avec lesquels ils coïncident.

Grâce à des allers-retours constants entre observation pragmatique et réflexion théorique, il élabore peu à peu un système philosophique complexe auquel il adosse un travail  corporel et vocal concret qu’il peaufine et enseigne pendant près de 40 ans, aux orateurs, aux comédiens et aux chanteurs, professionnels ou amateurs.

Il ne s’agit donc pas à proprement parlé d’une gymnastique, mais Delsarte énonce néanmoins certains principes qui fondent aujourd’hui encore l’éducation somatique : prise en compte de l’unité corps/esprit, développement de la conscience corporelle, mobilisations articulaires fines, jeux entre tonicité et détente musculaires, utilisation de la pesanteur, recherche de la qualité du geste, présence à soi-même.

JAMES MACKAYE (1842-1894)

Steele MacKaye with back to camera-Photo-B&W-ResizedL’américain James McKaye, acteur, metteur en scène et scénographe, élève de Delsarte, avec lequel il a noué une relation quasi-filiale, implante le travail de son maître aux Etats-Unis.

Il séduit d’abord les orateurs et les professeurs d’élocution. Puis, à New York, il ouvre des cours d’art dramatique dans lesquels il applique le système de Delsarte à l’apprentissage de la pantomime. S’il ne délaisse pas la technique vocale, il met néanmoins l’accent sur le travail corporel. Il enseigne l’« Harmonic Poise », le travail statique de Delsarte, grâce auquel les élèves apprennent à maîtriser les transferts de poids du corps, à se centrer en retrouvant des postures, une stabilité, des équilibres dignes des statues grecques. Il innove aussi : ressentant la nécessité de préparer les corps des acteurs de manière plus intense et plus pointue, Mackaye intègre à son enseignement une série d’exercices purement gymniques qu’il nomme « Harmonic Gymnastics ».

Il forme de nombreux professeurs, parmi lesquels beaucoup de femmes, dont les cours rencontrent un vif succès sur la côte est et dans le midwest. L’une d’entre elles, Geneviève Stebbins donne au travail de Delsarte un tour nouveau…

GENEVIEVE STEBBINS (1867- vers 1937)

genevieve_stebbins13Geneviève Stebbins enseigne la pantomime et l’art vocal, mais, parallèlement, elle met en forme un travail spécifiquement corporel qui n’a plus pour but l’expression artistique. S’intéressant à la philosophie orientale, et particulièrement à l’hindouisme, elle donne à la respiration et au Souffle, une place essentielle.

Elle associe à son enseignement delsartien des exercices inspirés du yoga (qui à l’époque, ne se pratique pas encore en Occident). Et elle a recours à l’imagerie mentale et l’intention pour affiner, prolonger les mouvements, et leur donner sens.

Elle se passionne aussi pour les dernières recherches dans le domaine de la médecine et s’initie à la gymnastique médicale de Ling (l’ancêtre de la « gymnastique suédoise »). Elle développe le travail au sol et emploie des accessoires (quilles, haltères…). Elle donne à ses élèves, principalement des femmes, des informations anatomiques et médicales.

Elle élabore ainsi une pratique de santé, éducative et préventive, qu’elle relie aux gestes de tous les jours, à l’usage du corps au quotidien.

Elle fait connaître la méthode Delsarte/Stebbins en écrivant plusieurs ouvrages diffusés dans le monde entier. C’est ainsi qu’une jeune allemande, Hade Kallmeyer, franchit l’Atlantique pour se former auprès d’elle…

HADE KALLMEYER (1881-1976)

kunstlerische gymnastik hade kallmeyerHade Kallmeyer est l’une des dernières praticiennes formées par Stebbins et elle a suivi le double cursus Arts d’expression / Gymnastique. Mais de retour en Allemagne, elle n’enseigne que « l’Harmonische Gymnastik » dans des cours tout public.

Son travail s’ancre dans les lois théoriques de la gestuelle telles que Delsarte les a décrites et telles que Stebbins les a transmises : loi de succession (quand le mouvement se propage d’une articulation à l’autre avec fluidité) ; loi d’opposition (quand la posture s’organise et s’équilibre grâce à un jeu de compensations harmonieuses, comme dans la statuaire grecque) etc…  Et, comme Stebbins, elle accorde une place centrale à la respiration. Elle évoque la dimension subtile de la respiration, sa valeur de principe vital, en faisant référence au prana hindouiste.

L’aspect thérapeutique du travail s’affirme avec elle. Les médecins lui envoient des patients qu’elle reçoit en séances individuelles, notamment des enfants présentant des troubles posturaux et des femmes souffrant de problèmes gynécologiques.

Elle forme plusieurs professeures particulièrement créatives qui, portées par l’effervescence culturelle de ce début de 20ème siècle allemand, vont marquer de leur empreinte la « culture du corps » alors émergente. Parmi elles, la berlinoise Elsa Gindler, qui est considérée aujourd’hui comme l’une des fondatrices de l’éducation somatique… 

ELSA GINDLER (1885-1961)

jg-elsa-gindler_swElsa Gindler refuse de s’enfermer dans une méthode ou une théorie. Elle laisse rapidement de côté les concepts philosophiques, les lois du mouvement trop rigides et les enchaînements de mouvements codifiés du système delsartien, pour n’en garder que les outils qu’elle peut revisiter et réinventer, comme le travail sur la conscience corporelle, les jeux avec la pesanteur et les variations de tonus musculaire.

Toute sa vie, elle questionne sa pratique et la fait évoluer. Elle invite ses élèves à l’accompagner dans sa recherche et son cheminement. Elle leur propose des expérimentations plutôt que des exercices fixés. Elle les met en situation et elle observe avec eux comment ils s’y prennent pour effectuer un mouvement, quelles autres façons de faire s’offrent à eux, quelles habitudes corporelles ils doivent abandonner pour ne pas faire d’effort inutile, quels sentiments les habitent devant la tâche à accomplir, ce qu’ils doivent lâcher pour être entièrement absorbés par ce qu’ils font, pour retrouver la qualité de présence d’un enfant qui joue… ? Ils explorent leur propre comportement en même temps qu’ils apprennent à bouger, à ressentir, à regarder.

gindler jacobyEn 1924, la rencontre avec le musicien Heinrich Jacoby est déterminante. Leur collaboration et leur vision de la pédagogie font écho au courant de Reformpädagogik qui se déploie alors en Allemagne. Pour Gindler et Jacoby, quelle que soit la discipline choisie, quelle que soit la voie empruntée, il s’agit avant tout de permettre le plein épanouissement des potentialités de l’individu, de l’aider à lever les barrières intérieures qui l’entravent, afin qu’il puisse interragir harmonieusement avec le monde qui l’entoure.

Cet esprit d’ouverture, de curiosité et d’adaptabilité cultivé par Gindler, l’approche du corps et de la relation corps/esprit qu’elle transmet, marquent  profondément les élèves qui croisent sa route ; et nourrissent les travaux de plusieurs d’entre eux dans les domaines corporel, artistique, social et psychothérapeutique.

Il en est ainsi pour Alice Aginski et Lily Ehrenfried, deux de ses élèves juives qui s’installent à Paris au début des années 30 pour fuir le nazisme.

ALICE AGINSKI (1906-2000)

Alice Aginski n’a que 12 ans quand elle découvre le travail de Gindler en pratiquant avec deux de ses élèves, Elfriede Hengstenberg et Sophie Ludwig. Vers l’âge de 18 ans, elle devient l’élève d’Elsa Gindler  : « Jamais je n’avais imaginé une telle rencontre avec moi-même à travers des sensations corporelles. » dira-t-elle. Parallèlement, elle se forme auprès de Gertrud Von Hollander, qui fut, comme Gindler, élève de Hade Kallmeyer. Elle commence à enseigner en 1928, à 22 ans.

alice-aginskiL’avènement du nazisme l’oblige à quitter son pays ; elle se rend à Paris, puis à Budapest, puis à Vienne, villes dans lesquelles elle s’efforce d’enseigner, malgré le contexte difficile. Elle s’établit finalement en France, où elle construit véritablement son activité après la guerre. A 46 ans, en 1952, elle s’inscrit à l’Ecole Française d’Orthopédie et de Massages dirigée par Boris Dolto et devient kinésithérapeute.

Comme Gindler, elle place au cœur de son travail, la détente, la respiration, et leur interdépendance : la détente, comme préalable incontournable sans lequel rien ne peut advenir ; cet état neutre et régénérant, de disponibilité à l’action, qui permet d’être « sensible au fonctionnement de l’organisme » et vers lequel on doit pouvoir revenir à loisir.

Elle se réfère souvent à l’enfance, considérant que ce travail offre le moyen de s’affranchir des contraintes, de se dépouiller des habitudes corporelles et des inhibitions que l’éducation a imposées peu à peu à notre corps et à notre esprit, pour revenir à un comportement plus sensible et plus instinctif. Fidèle aux expérimentations de Gindler, elle donne à ses cours une tonalité ludique et joyeuse en mettant en place des situations où les élèves revisitent en pleine conscience les apprentissages moteurs et sensoriels de l’enfance.

Ce qui sous-tend sa pratique est la conviction que, par le truchement du corps, l’individu peut revenir au plus près de ce qu’il est vraiment, et qu’alors une nouvelle façon d’envisager le monde s’ouvre à lui et, avec elle, la perspective d’une meilleure compréhension entre les êtres.

LILY EHRENFRIED (1896-1994)

En Allemagne, Lily Ehreehrenfried2-copienfried mène de front deux carrières, celle de médecin et celle de professeur de gymnastique : En 1918, à 22 ans, elle reçoit son diplôme de professeur de gymnastique des mains d’Elsa Gindler. En 1921, alors qu’elle enseigne déjà la gymnastique, elle entreprend  des études de médecine, et s’inscrit à la Faculté des Exercices Physiques de Berlin. Elle se forme à la méthode Klapp et à la gymnastique orthopédique. En 1926, sa thèse de médecine porte sur « Lobservation des effets des exercices physiques systématiques sur les enfants en bas âge ». Elle se spécialise en pédiatrie, orthopédie, médecine du sport et gymnastique médicale ; compétences qu’elle mettra à profit dans divers cadres : hôpital public, dispensaire, crèche.

Après la guerre, son diplôme de médecin n’étant pas reconnu en France, où elle s’est réfugiée en 1933, elle devient kinésithérapeute. En 1956, elle publie « De l’éducation du corps à l’équilibre de l’esprit » dans lequel elle rend compte de son expérience professionnelle et décrit les principes de son travail. Elle enseigne la gymnastique jusqu’à l’âge de 90 ans.

Lily Ehrenfried est formée par Elsa Gindler alors que celle-ci est une toute jeune professeur, qui n’a pas encore atteint la pleine maturité de ses talents et de son originalité. Et elle ne suit son enseignement que quelques années. Mais cette rencontre est néanmoins déterminante et oriente sa pratique toute sa vie durant : elle se considèrera toujours davantage comme une pédagogue que comme une thérapeute et sera toujours guidée par sa volonté de rendre ses élèves autonomes, en mettant à leur disposition des outils leur permettant de s’observer, de se connaître et de prendre en charge eux-mêmes leur santé. « On ne peut changer que ce qu’on connaît » écrira-t-elle, « l’élève doit progresser par ses propres moyens ».

  lidia-ehrenfried-jeuneSes connaissances en anatomie et en bio-mécanique l’amènent à introduire les exigences d’un placement ostéo-articulaire juste dans le travail d’expérimentation cher à Gindler. Mais, bien que formée à la kinésithérapie orthodoxe, elle refuse de dresser le corps et de « cultiver isolément les muscles », inscrivant sa pratique structurée et structurante, dans une approche globale longtemps avant que cette conception holistique ne soit à la mode en occident.

  Sa formation médicale la conduit à s’intéresser aux effets de la gymnastique sur le fonctionnement organique du corps tout autant que sur celui de son système locomoteur. Elle cherche comment, « par un meilleur usage du corps, ne pas déranger les organes dans leur travail ». Pour elle, « c’est la fonction qui modifie la forme ».

  Son attachement à la psychanalyse nourrit sa réflexion et sa pédagogie. Elle prend toujours en considération l’impact psychique et comportemental qu’un travail corporel approprié implique. « Nous n’avons jamais vu un être humain changer ses habitudes corporelles sans modifier profondément et durablement son psychisme ».

Pour Lily Ehrenfried, les cours de gymnastique sont le laboratoire où l’élève peut découvrir et explorer de nouveaux gestes, de nouvelles attitudes qui correspondent à sa « structure individuelle », éprouver un fonctionnement économique de son corps conduisant à un bien-être dont le souvenir restera profondément ancré en lui. Dans le quotidien, peu à peu, le corps aspirera à retrouver cette aisance, cette fluidité et cette force expérimentées lors des cours et s’organisera pour y parvenir. « Le corps humain semble posséder une tendance ordonnatrice qui  collabore à remettre instantanément tout « à sa place » dès qu’on lui en donne la moindre possibilité. »

(Toutes les citations sont extraites de « De l’éducation du corps à l’équilibre de l’esprit » de Lily Ehrenfried aux éditions Aubier.)

 

MARIE-JO GUICHARD (1938-2007)

marie-joA partir de 1960, Marie-Jo Guichard travaille assidument en tant qu’élève auprès du Docteur Lily Ehrenfried.  

Au début des années 80,  à la demande de Lily Ehrenfried, alors très âgée, elle prend sa succession et commence à former des praticiens. C’est à elle que l’on doit le terme de gymnastique holistique ainsi que la création de la première association de praticiens.

Biologiste de formation, elle met la précision de son esprit scientifique, son grand sens de l’observation et sa curiosité de chercheuse au service de la gymnastique holistique. Elle s’intéresse parallèlement aux autres courants de techniques corporelles globales et à la médecine traditionnelle chinoise.

Sa démarche est résolument moderne car, tout en restant fidèle à la tradition du travail, elle affine, développe, analyse toujours plus précisément la construction et les effets des mouvements. Nous lui devons notamment  l’introduction et le développement  de la notion de « travail à distance »,  ou comment un travail effectué dans une certaine région du corps va avoir, par le biais des chaines musculaires, un effet significatif sur une autre région située à distance. Les zones les plus sensibles peuvent ainsi être  abordées et soulagées indirectement, permettant aux élèves de progresser en douceur.

Marie-Jo Guichard a fait rayonner la gymnastique holistique à travers le monde, en formant des praticien(ne)s en Europe et sur le continent américain (Brésil et Canada).

Son héritage est un bien précieux que  les praticiens actuels cultivent et enrichissent en restant eux aussi fidèles à l’esprit du travail.

Annexe :

Bibliographie :

  « François Delsarte, une anthologie » d’Alain Porte aux éditions IPMC, 1992.

  « Corps, arts et spiritualité chez François Delsarte (1811-1871) », thèse de Franck Waille. Université Jean Moulin / Lyon 3. 2009.

  « Steele MacKaye : actors training methods. » Thèse de Donald Francis Hebert. Université du Texas. 1997.

  « The Cultivation of Body and Mind in nineteenth-Century american delsartism. » de Nancy Lee Chalfa Ruyter. Greenwood Press. 1999.

  « Heilkraft durch Atem und Bewegung » de Hede Kallmeyer. Haug Verlag. 1970.

  « Elsa Gindler. Von Ihrem Leben und Wirken. » Marianne Haag / Fondation Jacoby-Gindler. Christians. 2002.

  « De l’éducation du corps à l’équilibre de l’esprit » de Lily Ehrenfried. Edition Aubier, 1956.

  Autobiographie non publiée de Lily Ehrenfried. 1968. Archives.

  « Sur le chemin de la détente » de Alice Aginski. GuyTrédaniel Editeur. 1994.

  Entretien avec Alice Aginski par Christine Salomon-Léon. Cahier n°2 de l’AEDEPGH.

L’héritage d’Elsa Gindler :

Parmi les élèves d’Elsa Gindler, outre Lily Ehrenfried et Alice Aginski, plusieurs personnalités remarquables firent essaimer et évoluer son travail à travers le monde :

  • Sophie Ludwig (1901-1997). Allemagne. Praticienne somatique qui fut l’assistante, la collaboratrice puis l’héritière d’Elsa Gindler.
  • Frieda Goralewski (1893-1989). Allemagne. Praticienne somatique.
  • livre-sensory-awareness-copieCharlotte Selver (1901-2003), en photo ci-contre. USA. Praticienne somatique. Restée très proche de l’esprit de Gindler, elle diffusa son travail sous le nom de « Sensory Awareness ». Les praticiens qu’elle forma exercent aujourd’hui aux USA et en Europe. Elle eut pour élève Fritz Perls (1893-1970), psychiatre fondateur de la Gestalt Therapy, et Erich Fromm (1900-1980), psychanalyste.
  • Carola Speads (1901-1999). USA. Praticienne somatique. Auteur de « ABC de la respiration » édité en France par Aubier en 1989. Elle eut pour élève Berta Bobath (1907-1991), physiothérapeute, créatrice de la Bobath physiotherapy, méthode de rééducation neurologique, et Ruth Cohn (1912-2010), psychothérapeute et pédagogue, créatrice de la méthode TCI (Theme Centered Interaction).
  • Ruth Matter (1904-1995). Suisse. Praticienne somatique qui finança, organisa et développa l’enseignement de Heinrich Jacoby et Elsa Gindler en Suisse alémanique.
  • Elfriede Hengstenberg (1892-1992). Allemagne. Praticienne somatique ; pédagogue pour enfants qui collabora avec la pédiatre Emmi Pikler.
  • Elsa Lindenberg (1906-1990). Norvège. Danseuse/chorégraphe qui travailla avec Rudolf Laban. Elle devint danse-thérapeute et fut la compagne de Wilhelm Reich (1897-1957).
  • Gertrud Falke-Heller (1891-1984). Angleterre. Danseuse, elle collabora avec Kurt Jooss. Elle enseigna à la Jooss-Leeder School of Dance. Puis elle devint psychothérapeute. Elle eut pour élève Helmut Stolze, médecin et psychothérapeute qui, dans les années 50, mit au point la Konzentrative Bewegungstherapie.
  • Lotte Kristeller. Israël. Praticienne somatique qui participa à la fondation du Kibbutzim Teacher’s Training College. Certaines sources indiquent qu’elle eut comme élève Moshe Feldenkrais.
  • Lucy Heyer. Allemagne. Thérapeute corporelle. Première épouse du médecin et psychanalyste jungien Gustav Heyer (1890-1967). Elle participa avec lui à des groupes de travail assurant une prise en charge holistique des patients, en associant massage, exercices respiratoires, relaxation et psychothérapie. Elle eut pour élève Marion Rosen (1914-2012) dont la méthode, qui porte son nom, vise à « accéder à l’inconscient par le toucher ».
  • Clare Nathanson Fenichel (1896-1993). USA. Psychanalyste, épouse du psychanalyste Otto Fenichel (1897-1946).
  • Laura Posner Perls (1905-1990). Afrique du sud puis USA. Psychologue co-créatrice de la Gestalt Therapy avec son époux Fritz Perls (1893-1970), psychiatre.
  • Lily Pincus (1898-1981). Angleterre. Travailleuse sociale puis thérapeute familiale qui participa à la fondation de l’Institut de recherche sur le mariage et la famille de la Tavistock Clinic.